Star Wars – Le Réveil de la force, J.J. Abrams Fév20

Star Wars – Le Réveil de la force, J.J. Abrams...

Une jeune pilleuse d’épaves et un stormtrooper défroqué rejoignent la Résistance pour retrouver Luke Skywalker avant le sinistre Premier Ordre. J.J. Abrams revisite avec succès le plus grand mythe populaire du vingtième siècle. Bouche ouverte, sourire aux lèvres et chatouilles à l’estomac, la présente critique pourrait se limiter à cette triade essentielle. Car retrouver Star Wars, c’est se glisser à nouveau au fond du canapé en skaï de ses parents, un soir de Toussaint, au début des années 1990. C’est retrouver la voix française nasillarde de Solo qui interpelle « Chico » et provoque Leia, c’est sentir sa moustache frémir sous la musique de John Williams, se laisser bercer par cette ambiance irréelle, inimitable. A la nouvelle du rachat de Disney, devant la formidable promesse d’un retour de l’ambiance seventies agrémentée des prouesses technologiques contemporaines, c’était comme si l’on avait appris que Stefan Edberg n’avait que 22 ans et qu’il jouerait la finale de Wimbledon 2016 contre Roger Federer. Bref on était contents. De fait, JJ Abrams n’a pas pris les fans pour des Gungans. L’ensemble est une suite à la logique implacable qui respecte scrupuleusement la trilogie originale. Sans doute un peu trop d’ailleurs. Car le souci de rameuter les fans et d’en conquérir de nouveaux fait de cet opus une œuvre diablement consensuelle : l’intrigue ne possède pas la moindre audace et tourne souvent au pastiche. Etoile de la mort, bataille de X-Wings, méchant masqué hésitant entre l’ombre et la lumière, généalogie des Skywalker réactivée, filiation et parricide…Tous les ingrédients sont là et donnent l’impression d’une vaste arnaque. Alors quoi ? Difficile pourtant de se positionner tant le plaisir est grand de patauger dans ces artifices usés jusqu’à la moelle. JJ Abrams est un maître du genre et sa réalisation au cordeau parvient sans mal...