Le Bon Gros Géant, Steven Spielberg Mai16

Le Bon Gros Géant, Steven Spielberg

Projeté hier sur la croisette, Hors Compétition, The BFG (Le Bon Gros Géant ), adaptation du roman de Roald Dahl par Steven Spielberg, est un conte pour enfant réussi. Bienvenue dans le monde imaginaire des géants, au pays des magirêves et des époumensonges. Sophie, une jeune orpheline d’une dizaine d’année, est insomniaque. C’est durant une ces longues nuits sans sommeil qu’elle se fait enlever par un gentil géant. Ce dernier l’emmène alors dans son lointain pays, et tout devient possible: les rêves et cauchemars virevoltent dans la nature comme des papillons, il suffit d’un filet pour s’en emparer. La grande réussite du film réside dans l’ambiance graphique que Spielberg  impose, jouant avec les ombres et les lumières d’une manière magistrale. Le scénario, simple et efficace, navigue tout en douceur entre conte fantastique, comédie et drame. Le film collectionne les clins d’oeil et références : on est plongé dans un étrange mélange d’Inception (le géant a un atelier de fabrication de rêve) et des Voyages de Gulliver, le tout dans le décors du Seigneur des anneaux. Les nuits londoniennes, magnifiques, rappellent la saga d’Harry Potter. Le personnage du Bon Gros Géant dans son atelier farfelu évoque Geppetto dans sa menuiserie, et l’arbre à rêve est la réplique exacte de l’arbre sacré d’Avatar. Mais toutes ces références finissent par agacer. On aurait voulu avoir la possibilité d’explorer le monde fabuleux des géants sans avoir l’impression de passer un test de culture cinématographique…  Date de sortie : 20 juillet 2016. Réalisateur : Steven Spielberg Avec : Ruby Barnhill, Mark Rylance, Rebecca Hall. Durée : 1h55 min. Pays de production :...

Syngué Sabour, Atiq Rahimi Mar01

Syngué Sabour, Atiq Rahimi

Avec Singue Sabour, Atiq Rahimi se méprend lourdement : il ne veut pas faire du cinéma, mais « faire cinéma », comme quelqu’un qui voudrait « faire jeune » ou « faire moderne ». Entre les deux attitudes, il y a un gouffre, dont on mesure la profondeur à l’ennui qu’il suscite chez le spectateur.Tout est donc fait dans le plus strict respect des règles de l’art. La caméra se fige et saisit une lumière diaphane lors de scènes méditatives. Elle tremble lorsqu’il faut signaler l’angoisse, la peur, la violence. Les séquences se terminent par un beau tableau où lumière, personnages, objets sont scrupuleusement positionnés. Malgré cet effort, ou plutôt à cause de cet effort pour prouver qu’on fait du cinéma, l’adaptation est ratée. Et ce n’est pas la faute à cette histoire plutôt ingénieuse d’une femme afghane qui se libère par la parole. Incarnée par la très belle Golshifte Farahani, une épouse profite du coma dans lequel son mari – un héros de guerre – est plongé, pour lui raconter toute la vérité sur sa vie, ses mensonges, ses doutes, ses désirs les plus intimes comme elle n’avait jamais pu le faire de « son vivant ».Le film prend donc l’allure d’un long monologue entrecoupé de scènes de la vie sous les feux du conflit à Kaboul. Le problème réside dans le fait que Rahimi n’a pas l’intelligence cinématographique pour filmer ce dialogue en huis-clos avec un quasi-mort et le tout prend une allure didactique, que la réalisation maniérée et le jeu appuyé des acteurs viennent renforcer. Rahimi n’a pas réussi à produire des images qui auraient une force de suggestion par elles-mêmes, il a simplement mis en images son texte : nous, spectateur, sommes obligés de subir une récitation pénible agrémentée de quelques séquences de vie sans grand d’intérêt. Passez votre chemin !   Date de...