Poches été (1) : Judas, Amos Oz. Juil19

Poches été (1) : Judas, Amos Oz.

Première sélection parmi les nouveautés poche de cet été. Amos Oz entraîne son lecteur dans un récit intelligent et surprenant qui mêle roman d’apprentissage, réflexions sur la figure du traître, et histoire de la fondation de l’état d’Israël : « L’histoire se déroule en hiver, entre fin 1959 et début 1960. On y parle d’une erreur, de désir, d’un amour malheureux et d’une question théologique inexpliquée. Certains édifices portent encore les stigmates de la guerre qui divisa la ville en deux, il y a dix ans ». Lorsque s’ouvre le roman, rien ne va plus pour Shmuel Asch, un jeune homme « corpulent, barbu, timide, émotif, socialiste, asthmatique, cyclothymique, les épaules massives, un cou de taureau, des doigts courts et boudinés : on aurait dit qu’il leur manquait une phalange ». Sa fiancée Yardena le quitte pour épouser son ancien petit ami, expert en récupération des eaux de pluie, son mémoire sur « Jésus dans la tradition juive » n’avance plus et enfin son père, ruiné par un procès, ne peut plus subventionner ses études. Peu combattif, Shmuel larmoie et déambule dans Jérusalem, « sa tête barbue précédent son corps, ses jambes tricotant pour le rattraper », ne sachant trop que faire de lui, il pense rejoindre une nouvelle colonie sur les monts du Ramon afin de commencer une nouvelle vie. Finalement, une petite annonce lui offre une autre porte de sortie : « CHERCHE HOMME DE COMPAGNIE. Offre à étudiant en sciences humaines et sociales, célibataire, doué pour la conversation et passionné d’histoire, un logement ainsi qu’un petit salaire en échange de cinq heures dans la soirée pour tenir compagnie à un invalide de 70 ans très cultivé. […] » Shmuel est employé par Atalia Abravanel, femme d’une quarantaine d’années, froide et envoûtante, pour tenir compagnie à son beau-père Gershom Wald....